Aménager un salon marocain moderne
Le salon marocain n’a pas besoin d’être figé pour rester lui-même. Ce qui compte, c’est la convivialité, la lumière et les matières — pas les moulures.
On oppose souvent « salon marocain » et « salon moderne », comme s’il fallait choisir entre la tradition et le contemporain. En pratique, les meilleurs salons marocains modernes gardent la structure du salon traditionnel — l’assise périphérique, la convivialité, la générosité — et allègent tout le reste.
Gardez la banquette, allégez le décor
La banquette qui court le long des murs est ce qui fait le salon marocain : elle accueille beaucoup de monde et libère le centre de la pièce. C’est un excellent principe, et il n’y a aucune raison de l’abandonner.
Ce qui date, en général, ce n’est pas la banquette : ce sont les sculptures, les galons dorés et l’accumulation de motifs. Une banquette en tissu uni, avec une assise plus basse et des lignes droites, reste parfaitement marocaine tout en paraissant contemporaine.
Une palette resserrée
Trois tons suffisent. Une base neutre pour les grandes surfaces — murs, banquettes, rideaux — puis une couleur d’accent, et enfin un matériau qui revient : laiton, bois clair, ou noir mat.
Les tons sable, écru, taupe et terracotta fonctionnent particulièrement bien sous la lumière marocaine, qui est chaude et franche. Les gris très froids, en revanche, tournent souvent au terne.
Le piège du « tout beige »
Une palette neutre n’est pas une palette plate. Sans variation de matières — un lin, une laine, un bois, un métal — un salon entièrement beige devient vite ennuyeux. C’est la texture qui fait vivre la couleur.
La lumière : c’est là que tout se joue
Les salons marocains sont souvent très lumineux, avec de grandes baies. C’est une chance, mais mal gérée, la lumière écrase la pièce en journée et la rend froide le soir.
La solution la plus efficace est le double rideau : un voilage qui diffuse la lumière en journée, et un rideau plus dense pour le soir, montés sur le même rail. Vous passez d’une ambiance à l’autre sans rien déplacer.
Côté éclairage artificiel, multipliez les sources basses — lampes de table, appliques — plutôt qu’un unique plafonnier central, qui aplatit tout.
Les rideaux : la finition qu’on oublie
Dans un salon avec banquettes, les rideaux sont la plus grande surface textile après l’assise. Ils décident donc largement de l’allure de la pièce.
Notre recommandation : un uni neutre, dans une matière avec un peu de poids, monté haut et tombant au sol. Le tombé vague convient particulièrement aux salons ouverts avec de grandes baies — il donne une ligne continue et calme sur toute la largeur du mur.
Si le salon est déjà très chargé en motifs, évitez les rideaux à motifs. Ils entreront en concurrence avec les tapis et les coussins, et la pièce paraîtra plus petite.
Trois erreurs fréquentes
- Coller les meubles aux murs partout. Décoller la banquette de quelques centimètres suffit à alléger l’ensemble.
- Un tapis trop petit. Le tapis doit passer sous les pieds avant des assises, sinon il flotte au milieu de la pièce.
- Trop de coussins. Le salon marocain en appelle beaucoup — mais au-delà d’un certain nombre, on ne s’assoit plus.
Le fil conducteur : garder ce qui rend le salon marocain accueillant, et retirer ce qui ne sert qu’à décorer.